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Archive for the ‘Bonnes lectures’ Category

Le secteur philanthropique canadien me semble parfois condamné à être sous-évalué et par conséquent négligé quand vient le temps de prendre des décisions qui ont un impact sur le soutien gouvernemental qu’il mérite. Si la société sous-estime la valeur de la contribution économique et sociétale des organismes caritatifs, ces derniers seront toujours considérés comme un « nice to have » plutôt qu’une nécessité pour conserver un minimum de tissu social.

Anciennement et surtout au Québec, le clergé avait pris la responsabilité d’assurer un niveau acceptable de soutien des plus démunis. Ce n’est plus le cas, même si le clergé et d’autres communautés religieuses mènent des activités caritatives d’envergure limitée. Puis le gouvernement a nourri l’ambition de se positionner en tant qu’état providence qui veille au bien-être de toutes les strates de la population ayant des besoins spéciaux.  Ce n’est plus le cas, considérant que 50% du budget de l’état est déjà consacré à la santé et qu’une dette colossale limite ses engagements sociaux. C’est pourquoi les milliers d’organismes caritatifs qui amassent des fonds pour offrir des services sont essentiels. Sans ces services assurés à moindres coûts grâce à des employés et des bénévoles dédiés, notre société perdrait en qualité de façon drastique. Mais, à part les bénéficiaires et les donateurs, qui apprécie à leur juste valeur tous ces organismes caritatifs ?

Pour répondre à cette question, il m’est souvent arrivé d’imaginer que le secteur philanthropique canadien déclarait une grève générale. Bien sûr, c’est totalement contraire à l’esprit et à la mission des organismes caritatifs et cela n’arrivera jamais. Mais peut-on s’imaginer que pendant un mois il n’y ait plus de soutien gratuit aux personnes âgées, d’hébergement pour les femmes violentées, de repas pour les itinérants, d’aide aux devoirs pour les étudiants en difficulté, etc… Dans quelle situation critique nos gouvernements se retrouveraient-ils ? Sans les organismes caritatifs, l’état devrait engager des milliers (des millions) de travailleurs pour assurer les mêmes services que les organismes caritatifs, à des coûts largement supérieurs et fort probablement avec une efficacité réduite. Disons-le, le secteur philanthropique qui s’auto-finance par des dons de fondations privées, d’entreprises et d’individus est une aubaine exceptionnelle pour nos gouvernements.

Heureusement Imagine Canada est là pour porter la parole des organismes caritatifs canadiens et conscientiser la population ainsi que l’état quant à l’importance du rôle des organismes caritatifs. La mission d’imagine Canada est la suivante : « appuyer et renforcer les organismes de bienfaisance et sans but lucratif canadiens afin qu’ils puissent mieux servir et engager les gens et les collectivités au Canada et à l’étranger« . Imagine Canada le fait avec la vision « d’un pays plus fort, où les organismes caritatifs travaillent ensemble, aux côtés des entreprises et des gouvernements, à bâtir des collectivités dynamiques et prospères. »

Et Imagine Canada utilise de plus en plus une approche économique très efficace qui aide à estimer la valeur de la contribution des organismes caritatifs. Le concept du déficit social émergent défini par Imagine Canada est une lecture très pertinente pour comprendre la contribution du secteur philanthropique et les défis qui s’en viennent dans un contexte de sous-financement des organismes caritatifs qui vont faire face à des besoins grandissants.

 

Je vous encourage à suivre Imagine Canada de près. Et d’ailleurs, il n’est pas trop tard pour compléter le formulaire mis en ligne par Imagine Canada pour amener le gouvernement canadien à soutenir davantage notre secteur. Le formulaire est au bas de la page.

 

 

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Ceux qui me connaissent le savent bien, je fais partie de ceux qui craignent que les organismes caritatifs vont avoir de plus en plus de difficulté à répondre aux besoins grandissants de la population en services divers que l’état n’assure plus. Pour qu’on arrive à faire face au déficit social qui nous menace, il faudra que la culture philanthropique et le don de soi se développent beaucoup au Québec. Et comme ces deux enjeux sont au coeur de la mission de l’Institut Mallet, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt leur nouveau plan stratégique 2019-23.

Personnellement, mon regard se porte avant tout du côté des organismes caritatifs quand je réfléchis aux pistes de solution pour développer la culture philanthropique et le don de soi. Mais cela ne m’empêche pas de souhaiter que le mouvement vienne aussi des gens qui tous les jours décident de donner ou non de leur argent et de leur temps. En ce sens, je souhaite que l’Institut Mallet réalise pleinement sa mission et son plan stratégique qui est aussi ambitieux que nécessaire.

L’Institut Mallet pourrait effectivement jouer un rôle clé dans les prochaines années. Alors que les 16 000 OBNL québécois seront entièrement occupés à optimiser leurs opérations pour augmenter les impacts en plus d’assurer le financement de leur mission, l’Institut Mallet visera à préparer le terrain du côté des donateurs pour que les OBNL aient plus de succès dans leur campagnes de recrutement de bénévoles et de financement. Aussi, l’Institut Mallet veut faire de la vigie dans le secteur et de la recherche, rassembler les organismes pour faciliter le dialogue et valoriser les bons coups pour que d’autres OBNL adoptent les meilleures pratiques. Tous ces éléments représentent un mandat plutôt unique et très ambitieux qui a sa place au Québec. Surtout quand on connaît la rareté du benchmarking et des échanges stratégiques parmi les OBNL.

Ce schéma tiré du plan stratégique de l’Institut Mallet résume très bien leurs objectifs et nous ne pouvons qu’espérer que ces derniers soient atteints, voire même dépassés !

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La récente étude d’Imagine Canada sur les dons corporatifs est une lecture très intéressante pour quiconque a la responsabilité de financer une mission caritative. Vous pouvez télécharger l’étude gratuitement. Selon votre secteur d’intérêt, vous risquez d’y trouver vos propres faits saillants. Mais de façon générale, l’étude confirme que la philanthropie corporative se raffine de plus en plus pour devenir un outil stratégique des entreprises auquel les organismes caritatifs doivent s’adapter. Voici les grandes lignes :

1.- Les types de soutien corporatif sont très variés comme le démontre ce graphique illustrant le % d’entreprise qui affirment mettre en oeuvre les appuis suivants. Ceci ouvre la porte aux organismes qui peuvent développer des partenariats stratégiques allant au-delà du don financier. C’est aussi une façon pour les entreprises de s’assurer que leur appui est optimisé en termes d’impacts. En ajoutant à leur don la mobilisation des fournisseurs ainsi que la publicité pour la cause, une entreprise prend un rôle plus actif qui ne peut qu’être bénéfique à la cause sur le long terme.

2.- Les entreprises concentrent davantage leur appui auprès d’un organisme qui devient ainsi le partenaire principal. Cette tendance indique clairement un désir d’engagement plus actif dans la résolution d’une problématique sociale et l’intention de mieux contrôler les variables entourant l’impact du don. Sans vouloir dire que les entreprises vont donner à un seul organisme, il semble qu’il y aura plus souvent un des donataires qui sera identifié comme le partenaire principal. Une autre bonne pratique va consister à développer des ententes pluriannuelles avec ce partenaire principal pour augmenter l’impact potentiel.

3.-  Le lien entre la mission de l’organisme et l’activité de l’entreprise ainsi que les possibilités de bénévolat pour les employés sont des critères très importants dans la sélection des appuis financiers.

4.- La notion d’efficacité de la philanthropie corporative est définitivement en voie de prendre plus d’importance. Cette efficacité se mesure du côté de l’impact de l’engagement pour l’entreprise (image de marque, recrutement/rétention des employés, etc.), et du côté de l’impact social, i.e. les résultats tangibles générés par l’organisme soutenu. Aux deux niveaux, la satisfaction des entreprises est positive sans être extrêmement élevée. Comme il s’agit d’un aspect qui va retenir plus d’attention dans le futur, on peut s’attendre à voir ces chiffres être mesurés régulièrement. Ci-dessous, la satisfaction se mesure sur une échelle de 1 à 10.

5.- Imagine Canada développe la notion d’une entreprise efficace en philanthropie. Avec ce concept, on s’éloigne d’une vision passive de la philanthropie se limitant à faire un don annuel et attendre un rapport de don avant la prochaine demande. On remarque que plus l’entreprise est efficace dans sa philanthropie, plus celle-ci a intégré son approche philanthropique au sein de ses divers secteurs internes et de ses approches. Cette illustration est vraiment intéressante dans sa façon de montrer le niveau d’intégration possible pour la stratégie philanthropique de l’entreprise :

6.- Pour terminer, voici les tendances les plus importantes à observer dans les 5 – 10 prochaines au niveau de la philanthropie corporative:

Ne vous contentez pas de ces quelques faits saillants présentés succinctement. La lecture de l’étude d’Imagine Canada vous en apprendra beaucoup sur le rôle crucial qui sera joué par les entreprises dans le domaine philanthropique. Bonne lecture!

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Pour ceux qui ne l’auraient pas encore téléchargée, la toute dernière étude d’Épisode sur les tendances en philanthropie au Québec est disponible sur leur site Web : https://www.episode.ca/ (cliquer en haut à droite). Et pour la première fois, grâce aux partenaires impliqués, l’étude est gratuite. Donc, c’est un must de se la procurer et de la consulter sérieusement!

 

Encore une fois l’étude s’est faite avec la firme Léger et la participation de la Banque Nationale du Canada ainsi que la Fondation du Grand Montréal. Pour avoir vu ce projet évoluer dans les 10 dernières années, je dois dire que chaque édition s’améliore dans sa présentation et tente d’aborder de nouvelles dimensions du portrait philanthropique québécois. Comme d’habitude, l’étude nous présente un portrait des dons individuels et corporatifs, avec cette fois-ci une attention spéciale portée aux PME.

Malheureusement, les constats de l’étude ne sont pas tous positifs. En fait, on nous informe que la moyenne annuelle de dons des québécois a diminué dans les deux dernières années, ce qui est contraire à la moyenne pour le pays. Bons derniers en termes de générosité, les québécois ont creuser l’écart. Précisons aussi que les habitudes de don sont un peu différentes parmi les québécois issus des communautés culturelles qui ont une moyenne de don légèrement supérieure.

Personnellement, la donnée que je trouve la plus intéressante est l’indice de générosité qui se définit comme suit : « Développé par Épisode, l’indice de
générosité permet de connaître la variation des dons déclarés ou non déclarés effectués par les individus partout au Canada. Cette mesure de la générosité des Québécois et des autres Canadiens est obtenue en divisant la somme des dons déclarés ou non par le revenu du ménage. Par exemple, l’indice de
générosité de 0,007 observé au Canada signifie que pour chaque tranche de 100 $ de son revenu brut, un Canadien versait 0,70 $ sous forme de don. » Une autre information qui n’est pas très reluisante pour le Québec.

Cette édition est la 6e produite par Épisode. Additionnée aux statistiques de l’Agence de revenu du Canada, ce constat de la situation renforce le fait qu’il faut trouver des solutions au déficit de générosité québécois. La culture, l’économie, l’état providence sont tous des facteurs expliquant en partie la situation. Mais y a-t-il d’autres facteurs? Le secteur caritatif québécois présente-t-il des différence avec le reste du Canada? Manquons-nous d’exemples inspirants, de leadership? Des questions auxquelles il faudra éventuellement trouver des réponses car les besoins pour les services offerts grâce aux dons ne vont pas diminuer…

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5etapesdunecampagnereussie

Une campagne signature en philanthropie offre de belles retombées qui ne sont pas seulement financières. Mais comme les organismes caritatifs ont peu de place pour l’erreur, une bonne planification est un « must ».

La majorité des dirigeants d’OBNL ont une bonne expérience en communications et en développement financier, mais ça n’empêche pas de valider l’approche avec un guide des bonnes pratiques. Surtout quand celui-ci est disponible gratuitement!

Le document est disponible ici : http://www.suitedonna.com/les-5-etapes-d-une-campagne-signature-reussie. Vous pourrez y trouver des conseils pertinents ainsi qu’une belle étude de cas portant sur la campagne signature réalisée avec Moisson Montréal cet été.

Bonne lecture et surtout, bonne inspiration!

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story telling

Dans le dernier article je partageais une publication démontrant l’impact du storytelling et une autre présentant la manière d’être efficace dans l’utilisation de cette stratégie de contenu. Dans la même veine, je trouve que ce petit guide gratuit vient préciser certains aspects importants du storytelling pour OBNL : Storytelling for Nonprofits : how to present stories that attract donors, win support, and raise more money.

Dans ce guide de Network for Good, on précise les ingrédients gagnants des histoires à partager : le personnage principal vs un groupe, une idée ou votre organisation;  l’objectif à atteindre par le personnage principal; l’obstacle à vaincre et finalement l’élément essentiel : l’émotion généré par l’histoire.

Malgré qu’on parle beaucoup de storytelling ces temps-ci, on ne peut pas dire que la majorité des OBNL ont adopté pleinement cette stratégie. C’est pourquoi je trouve intéressante la section du guide portant sur la collecte des histoires qui demeurent une richesse « gratuite » pour tous les organismes caritatifs comportant un volet opérationnel qui génère quotidiennement du contenu riche en émotions. Il ne reste plus qu’à mettre en place les mécanismes pour collecter et partager ce contenu mobilisant…

 

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