Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Gestion philanthropique’ Category

question-frais-dadministration

Les experts s’entendent pour dire que les OBNL doivent mieux performer. Ce n’est pas nécessairement une critique. Tout le monde voit bien que les besoins auxquels les OBNL visent à répondre augmentent sans cesse : désengagement de l’état, courbe démographique vieillissante et maladies chroniques, crises environnementales, pauvreté, défis éducationnels, etc… Les OBNL n’ont pas le choix. Pour mieux réaliser leur mission, ils doivent s’améliorer, être plus efficaces pour accroître les revenus et meilleurs en gestion des opérations.

Tout ça dans un contexte où deux variables s’additionnent pour compliquer le défi :

  1. La « compétition » pour générer des revenus est plus forte. Les entreprises, fondations et individus se disent tous sur-sollicités. Le nombre d’OBNL augmente et leur activité de financement aussi. Mais l’assiette globale du financement, elle, ne grandit pas ou très peu.
  2. Mieux performer implique souvent investir, ce qui cause une augmentation des frais d’administration. À court et moyen terme, le retour sur ces investissements fait mal au ratio administration/programmes. Or la question que les OBNL se font encore le plus souvent poser par les donateurs est : « Quelle proportion de mon don va pour l’administration? » La question est très légitime, mais elle évacue rapidement la vision long terme. Elle place même l’OBNL sur la défensive, en position de justification quant à la nécessité de prévoir les prochaines années et le coût du non-investissement. On mélange peut-être ici le besoin de savoir si le don sera bien utilisé avec la croyance que tout frais administratif est mauvais.

C’est avec ce dilemme en tête que je suis tombé sur ce document d’Imagine Canada : Un nouveau discours. J’aime bien l’esprit général de ce texte qui vise la valorisation des OBNL et le changement de mentalité (ou de perception) en abordant des questions importantes comme la transparence et l’imputabilité ou les frais généraux et les dépenses. Concernant les frais et dépenses (traités aux pages 28 à 34), je vous partage cet extrait :

« Peu d’organismes, voire aucun, ne sont en mesure de fonctionner de façon efficace sans engager des frais d’administration. Ces frais reflètent les coûts réels d’exploitation d’une organisation et comprennent :

• les dépenses nécessaires pour assurer une bonne gestion, incluant les processus financiers, les assurances, les technologies de l’information, le recrutement des employés et des bénévoles, la gouvernance et les communications avec les donateurs;

• les dépenses courantes essentielles comme le loyer, l’électricité, le matériel informatique, les logiciels, les salaires, les déplacements, etc.;

• les dépenses liées à la transparence et à la responsabilité financière, les frais de production des rapports annuels, des états financiers et vérifications, des évaluations de programmes et les sommes dépensées pour se conformer aux lois applicables;

• les dépenses engagées pour offrir un environnement sécuritaire aux participants et aux bénéficiaires, notamment ceux associés au filtrage des employés et des bénévoles qui sont impliqués dans les services directs.

Sans ces investissements, il serait impossible de fournir des programmes et des services efficaces. Les frais d’administration, pris isolément, ne peuvent être considérés comme un indicateur de l’efficacité d’un organisme.

Les donateurs doivent avoir accès aux détails des frais d’administration et s’ils ont des questions à ce sujet, les organismes doivent être prêts à fournir des réponses. »

Et cet extrait qui défie la pensée générale :

« Une étude de l’Université de l’Indiana suggère que dépenser trop peu est contre-productif. « En l’absence de données pertinentes et comparatives concernant l’efficacité d’un programme ou d’une mission, les donateurs et les mécanismes de contrôle des organismes donnent aux indicateurs financiers une crédibilité indue. » C’est pourquoi l’utilisation des frais généraux et des ratios de coûts de collectes de fonds comme métrique d’efficacité d’un programme nous inquiète particulièrement. Aucune des organisations évaluées dans notre étude n’engageaient des dépenses extravagantes pour des collectes de fonds ou pour son administration. Contrairement à la croyance populaire qui veut que dépenser moins soit une vertu, les cas que nous avons étudiés indiquent même que les organismes sans but lucratif qui dépensent trop peu pour leur infrastructure ont une efficacité plus limitée que ceux qui dépensent plus raisonnablement. »

Je pense que nous n’avons pas fini d’explorer la question…

Read Full Post »

J’ai eu la chance de rencontrer Charlène Petit dans le cadre de sa recherche pour la rédaction d’un texte traitant des avenues stratégiques à envisager pour les OBNL qui souhaitent prendre le virage numérique. Je vous recommande cette lecture.

Le portrait que dresse Charlène est selon moi en ligne avec la réalité québécoise actuelle, malheureusement. Comme on entend souvent que le Québec est en retard sur le reste de l’Amérique du Nord en termes de vision stratégique et d’exécution, un tel texte gagne à être lu.

Raison de plus pour vous offrir cette bonne lecture, le document contient de bonnes références et des exemples pertinents.

Ceux d’entre vous qui avez eu la chance de rencontrer des étudiants du certificat en gestion philanthropique de l’Université de Montréal savent déjà que le paysage philanthropique québécois va profiter dans les prochaines années de l’arrivée de jeunes professionnels passionnés par un métier qui peut devenir plus scientifique. C’est encourageant car les besoins auxquels les missions des OBNL répondent ne font qu’augmenter!

Le texte est ici : http://petitevictoire.org/wp-content/uploads/2016/02/paysage_philanthropique_quebecois_a_l_ere_digitale_mondiale_charlene_petit-1.pdf

 

Read Full Post »

Leadership

La triste réalité…

En 2010, quand j’ai lu l’Étude sur les habitudes de don des québécois et des entreprises au Québec publiée par Épisode, j’arrivais tout juste dans le domaine de la philanthropie et c’est avec une certaine honte/colère que j’apprenais que les québecois avaient une moyenne de don annuel de 230$ versus une moyenne canadienne de 492$. Un écart de 262$!

Je me suis dit alors que de bonnes raisons expliquaient sûrement ce phénomène et que ça changerait car les québécois allaient se sensibiliser au fait que le financement des OBNL est crucial pour le maintien d’un minimum de tissu social. Mais non. En 2012 puis en 2014, la même étude effectuée par Épisode avec Léger Recherche nous indiquait que la tendance se maintenait … avec une légère hausse de l’écart négatif. Le Québec est donc toujours bon dernier au Canada et rien n’indique que ça va changer prochainement.

Charles Lammam, co auteur d’une étude sur les dons de charité au Canada et chercheur résident en politique économique à l’Institut Fraser disait ceci en 2013 :

« Pour la quinzième année consécutive, le Québec se classe au dernier rang des provinces canadiennes selon l’indice de générosité des dons de bienfaisance privés établi par l’Institut Fraser. Cette parcimonie compromet la capacité des organismes de bienfaisance québécois à servir leurs communautés »

Y a de quoi s’inquiéter…

Les raisons invoquées :

Diverses raisons servent généralement à expliquer cette situation :

  1. Les québécois ne donnent pas aux organismes religieux. Comme ce genre de don est beaucoup plus fréquent ailleurs au Canada, la moyenne nationale grimpe grâce au réflexe de donner à son église, ce qui n’est pas le cas au Québec. Vraiment? Je peux bien le croire, mais de là à expliquer un tel écart?
  2. Les québécois donnent plus en temps qu’en argent. Malheureusement, il ne s’agit pas là d’un fait mesuré rigoureusement. Il y a même certaines études qui démontrent une tendance au bénévolat égale sinon supérieure dans le reste du Canada.
  3. Les québécois sont moins riches. C’est vrai, le revenu par ménage des québécois ainsi que leur revenu discrétionnaire/disponible sont parmi les plus faibles au Canada.
  4. Les québécois paient plus d’impôts et s’attendent à ce que l’État prenne en charge les services rendus par les organismes caritatifs. C’est le dilemme de l’État providence. J’ose espérer qu’avec toutes les discours récents de notre gouvernement à propos de l’austérité cette croyance des québécois va tranquillement disparaître.

Le problème avec ces raisons est qu’elles n’offrent pas vraiment de levier pour un professionnel en philanthropie. Sur laquelle peut-on vraiment agir? En ce qui me concerne, je préfère essayer de voir ce qui peut se faire du côté des OBNL pour :

  1. Capter davantage l’attention du public;
  2. Maintenir son attention et gagner sa confiance;
  3. L’engager dans une cause et convertir son engagement en don financier;
  4. Entretenir une relation qui permet de renouveller son appui.

Les néoleaders :

Pour y arriver, il faut selon moi attirer plus de néoleaders en philanthropie, ou aider à la formation des ressources humaines qui y sont déjà. La lecture récente de cet article du journal Les Affaires (il faut être abonné pour y accéder en ligne sinon le lire à la page 16 de l’édition papier du 24 janvier) m’a convaincu que ce genre de leadership peut aider à modifier les choses au seins des OBNL québécois.

Le concept de néoleader est fondé sur le principe que nous évoluons dans une ère où les ressources humaines sont considérées comme le capital le plus important d’une entreprise (ou un organisme caritatif). Si on est d’accord avec ce principe, on comprend que la priorité des gestionnaires devrait être de mobiliser comme jamais les employés en leur offrant les meilleures conditions possibles pour « livrer » à leur plein potentiel.

Voilà le rôle du néoleader présenté dans l’article qui le décrit comme un gestionnaire possédant ces trois qualités :

  1. Vision globale : Attention, on ne parle pas de visionnaire ici. Le néoleader est capable de voir large, et à partir de points de vue très variés qui ne sont pas nécessairement les siens. C’est ainsi qu’il est en mesure de saisir tous les enjeux à considérer.
  2. Déclencheur d’idées : Le néoleader sait écouter et encourager l’expression des bonnes idées. Cette habitude permet de créer un climat de confiance qui favorise l’émergence des idées qui obtiennent de grands résultats.
  3. Cocréateur du futur : Le néoleader bouge. Il est dans l’action, et toujours entouré de son équipe.

En lien avec Les 4 ingrédients pour cultiver l’excellence en philanthropie, il semble que certains OBNL pourront se hisser au-dessus de la moyenne grâce à des conditions internes favorables alors que d’autres risquent de perdre tranquillement (mais sûrement) des plumes…

Read Full Post »

Tout le monde déteste commettre une erreur, que ce soit dans sa vie personnelle ou dans son métier. Pour une entreprise ayant une marque à faire rayonner, l’erreur n’est jamais la bienvenue.

Pour les OSBL, l’aversion face à l’erreur peut prendre des proportions encore plus importantes pour trois excellentes raisons :

  1. Les dirigeants d’OSBL ont la responsabilité de bien gérer les fonds mis à leur disposition pour réaliser la mission de leur organisme;
  2. Les budgets sont limités, la latitude est minime;
  3. Le public qui appuie les OSBL scrute à la loupe ce qui est fait avec leurs dons.

Sans oublier que l’OSBL a aussi une image de marque à protéger. Mais est-ce possible d’innover sans admettre un risque d’erreur ? Dans le contexte actuel,  alors que les organismes caritatifs sont condamnés à trouver de nouvelles façons de financer leur mission, séduire et fidéliser des donateurs, est-ce même souhaitable de ne jamais se tromper? Car ne jamais se tromper peut aussi vouloir dire ne pas bouger, prôner le statu quo et ne pas évoluer.

Ceux qui sont familiers avec la pensée de Seth Godin ont probablement entendu parler de sa théorie du ¨Ship it¨. Selon lui, le monde du travail se divise en deux grandes catégories : ceux qui produisent en livrant la marchandise (They ship it) et ceux qui font du sur place (They don’t ship it). Bien souvent, encore selon Godin, ceux qui ne livrent pas la marchandise sont immobiles par crainte de ne pas se tromper.

Voici une des pensées cruciales de Godin :

Et voici ce qu’il a dit à propos des OSBL dans une entrevue à  The Chronicle of Philanthropy : ¨The biggest mistake non profits make is that they’re so busy not making mistakes they end up being boring.¨ Il faut comprendre que pour Godin, il est de loin préférable de foncer pour progresser, de se tromper rapidement et de corriger le tir tout aussi rapidement que d’être paralysé par la peur de commettre une erreur.

Bien entendu, prendre le risque de se tromper peut se faire de façon calculée. Choisir de prendre des risques pour évoluer ne veut pas nécessairement dire être irresponsable. Et même, en tant que donateur, je penserais peut-être que l’immobilisme de l’organisme auquel je donne est plus irresponsable que la prise de risque calculé.

De plus, certains disent que se tromper peut représenter une opportunité de se distinguer dans la façon de réagir à l’erreur. Plus que jamais, admettre une faute et y répondre avec authenticité et respect des personnes impactées par l’erreur peut devenir un prétexte au développement d’une relation encore plus solide avec les sympathisants.

Voici un exemple simple présenté dans cette courte conférence. Elle présente le cas des erreurs 404, la fameuse page qui nous apparaît quand un lien est brisé sur un site Web. L’erreur 404 veut dire qu’au lieu d’arriver exactement sur la page désirée, un navigateur arrive nulle part, ou plus précisément sur une page qui l’informe qu’il n’aura pas ce qu’il souhaite. Et bien, en pareille situation, on peut voir comment il est possible de prendre une situation négative, une erreur de la part des responsables du site, et la tourner positivement :

Read Full Post »

Le milieu philanthropique au Québec est plus vaste q’on ne le pense. Selon une enquête menée en 2003 qui considérait les fondations et les organismes communautaires, le Québec compterait  plus de 46 000 organismes à but non lucratif et bénévoles. Ces organismes emploient près de 470 000 personnes qui oeuvrent dans des champs d’activité variés tels que les arts et la culture, les sports et les loisirs, la santé, les services sociaux, la lutte contre la pauvreté, l’éducation et la recherche, l’environnement et l’aide internationale, etc…

J’ai le plus grand respect pour les gens qui travaillent dans ce domaine. Inévitablement, les artisans de la philanthropie doivent avoir la passion (le feu sacré) de l’entraide tout en possédant une série de talents et/ou d’expertises très variés pour réaliser des mandats tout aussi variés au sein des OSBL.

Dans cette optique, je pense que c’e3st une bonne nouvelle d’apprendre que la faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal a créé un certificat en gestion philanthropique. Offert depuis septembre dernier, le certificat en gestion philanthropique serait le premier programme universitaire francophone au Québec.

Voici une partie de la description de ce programme qu’on retrouve sur le site de l’Université de Montréal :

« Ce programme pluridisciplinaire de 30 crédits universitaires est destiné aux personnes qui travaillent dans le domaine de la philanthropie ou qui souhaitent y faire carrière. Complémentaire à une formation initiale en gestion, en santé, en sciences sociales, en communication, en intervention psychosociale ou autres, cette formation spécialisée s’adresse aux candidats désirant acquérir les connaissances et les habiletés nécessaires à l’exercice de leur rôle d’administrateur ou de professionnel au sein d’organisations philanthropiques et communautaires.

Les emplois visés par les diplômés peuvent varier selon leur formation initiale et leur expérience antérieure : conseiller en développement, administrateur d’organisme, coordonnateur d’événements, agent de communication, professionnel appelé à cibler des donateurs, coordonnateur d’activités de sollicitation, coordonnateur de campagnes, conseiller en stratégie de financement, coordonnateur de bénévoles, etc. »

Read Full Post »

%d blogueurs aiment cette page :