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Leadership

La triste réalité…

En 2010, quand j’ai lu l’Étude sur les habitudes de don des québécois et des entreprises au Québec publiée par Épisode, j’arrivais tout juste dans le domaine de la philanthropie et c’est avec une certaine honte/colère que j’apprenais que les québecois avaient une moyenne de don annuel de 230$ versus une moyenne canadienne de 492$. Un écart de 262$!

Je me suis dit alors que de bonnes raisons expliquaient sûrement ce phénomène et que ça changerait car les québécois allaient se sensibiliser au fait que le financement des OBNL est crucial pour le maintien d’un minimum de tissu social. Mais non. En 2012 puis en 2014, la même étude effectuée par Épisode avec Léger Recherche nous indiquait que la tendance se maintenait … avec une légère hausse de l’écart négatif. Le Québec est donc toujours bon dernier au Canada et rien n’indique que ça va changer prochainement.

Charles Lammam, co auteur d’une étude sur les dons de charité au Canada et chercheur résident en politique économique à l’Institut Fraser disait ceci en 2013 :

« Pour la quinzième année consécutive, le Québec se classe au dernier rang des provinces canadiennes selon l’indice de générosité des dons de bienfaisance privés établi par l’Institut Fraser. Cette parcimonie compromet la capacité des organismes de bienfaisance québécois à servir leurs communautés »

Y a de quoi s’inquiéter…

Les raisons invoquées :

Diverses raisons servent généralement à expliquer cette situation :

  1. Les québécois ne donnent pas aux organismes religieux. Comme ce genre de don est beaucoup plus fréquent ailleurs au Canada, la moyenne nationale grimpe grâce au réflexe de donner à son église, ce qui n’est pas le cas au Québec. Vraiment? Je peux bien le croire, mais de là à expliquer un tel écart?
  2. Les québécois donnent plus en temps qu’en argent. Malheureusement, il ne s’agit pas là d’un fait mesuré rigoureusement. Il y a même certaines études qui démontrent une tendance au bénévolat égale sinon supérieure dans le reste du Canada.
  3. Les québécois sont moins riches. C’est vrai, le revenu par ménage des québécois ainsi que leur revenu discrétionnaire/disponible sont parmi les plus faibles au Canada.
  4. Les québécois paient plus d’impôts et s’attendent à ce que l’État prenne en charge les services rendus par les organismes caritatifs. C’est le dilemme de l’État providence. J’ose espérer qu’avec toutes les discours récents de notre gouvernement à propos de l’austérité cette croyance des québécois va tranquillement disparaître.

Le problème avec ces raisons est qu’elles n’offrent pas vraiment de levier pour un professionnel en philanthropie. Sur laquelle peut-on vraiment agir? En ce qui me concerne, je préfère essayer de voir ce qui peut se faire du côté des OBNL pour :

  1. Capter davantage l’attention du public;
  2. Maintenir son attention et gagner sa confiance;
  3. L’engager dans une cause et convertir son engagement en don financier;
  4. Entretenir une relation qui permet de renouveller son appui.

Les néoleaders :

Pour y arriver, il faut selon moi attirer plus de néoleaders en philanthropie, ou aider à la formation des ressources humaines qui y sont déjà. La lecture récente de cet article du journal Les Affaires (il faut être abonné pour y accéder en ligne sinon le lire à la page 16 de l’édition papier du 24 janvier) m’a convaincu que ce genre de leadership peut aider à modifier les choses au seins des OBNL québécois.

Le concept de néoleader est fondé sur le principe que nous évoluons dans une ère où les ressources humaines sont considérées comme le capital le plus important d’une entreprise (ou un organisme caritatif). Si on est d’accord avec ce principe, on comprend que la priorité des gestionnaires devrait être de mobiliser comme jamais les employés en leur offrant les meilleures conditions possibles pour « livrer » à leur plein potentiel.

Voilà le rôle du néoleader présenté dans l’article qui le décrit comme un gestionnaire possédant ces trois qualités :

  1. Vision globale : Attention, on ne parle pas de visionnaire ici. Le néoleader est capable de voir large, et à partir de points de vue très variés qui ne sont pas nécessairement les siens. C’est ainsi qu’il est en mesure de saisir tous les enjeux à considérer.
  2. Déclencheur d’idées : Le néoleader sait écouter et encourager l’expression des bonnes idées. Cette habitude permet de créer un climat de confiance qui favorise l’émergence des idées qui obtiennent de grands résultats.
  3. Cocréateur du futur : Le néoleader bouge. Il est dans l’action, et toujours entouré de son équipe.

En lien avec Les 4 ingrédients pour cultiver l’excellence en philanthropie, il semble que certains OBNL pourront se hisser au-dessus de la moyenne grâce à des conditions internes favorables alors que d’autres risquent de perdre tranquillement (mais sûrement) des plumes…

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« Notre cause est difficile à vendre ». Voilà un commentaire que nous entendons assez souvent quand on travaille dans une agence offrant des services de marketing philanthropique. C’est justement ce que nous dit Serge Lareault de L’Itinéraire dans l’article du journal Les Affaires : « Pas facile de vendre la cause du gros barbu au coin de la rue« .

C’est indéniable, certaines causes sont plus populaires que d’autres. Comme M. Lareault le dit, les maladies infantiles, le cancer ou encore les situations d’urgence suscitent plus de réactions émotives et probablement davantage de dons spontanés. Dans le cahier Les Affaires, le même raisonnement est également exprimé par des gens impliqués dans des causes touchant la maladie mentale et la population âgée envers qui les jeunes ne sont pas très généreux. Comme ces trois causes me touchent beaucoup, je me demande comment faire pour contourner cet obstacle…

S’il est indéniable que toutes les causes ne sont pas égales dans le coeur des donateurs, il est certain qu’il existe aussi de bonnes raisons pour désirer appuyer chacune des causes. Quand je pense à L’Itinéraire, ce n’est pas le barbu au coin de la rue que je vois, c’est plutôt la personne qui déploie des efforts pour reprendre sa place dans la société, qui est prête à faire de la sollicitation tous les jours tellement elle est motivée. Je pense aussi à l’organisme visionnaire qui apprend à ses bénéficiaires comment s’en sortir, donc qui préconise une solution à long terme. Je vois également le fait que contrairement à bien des oeuvres de charité, je peux obtenir un produit de qualité en retour de mon don : une publication que j’aime bien et dans laquelle ce sont justement des gens en voie de réinsertion qui publient des articles.

Bref, je perçois plein de choses positives, moi. Sans généraliser, j’ai parfois l’impression que les gens impliqués dans les OSBL sont tellement près et depuis tellement longtemps de leur cause et de ses défis communicationnels, qu’ils ne prennent pas le recul du « marché » afin de penser comme monsieur et madame tout-le-monde. Je pense qu’il serait même fort utile pour les OSBL de mener des groupes de discussion avec des donateurs potentiels pour découvrir quelle est la perception réelle de ces derniers face à l’organisme et sa mission en explorant les questions suivantes :

  • Quels sont les points positifs ?
  • Quels sont les points négatifs ?
  • Comment se sentent-ils face à diverses manières de présenter la cause ?
  • Pourrait-on être plus audacieux ?
  • Que connaissent les gens sur la mission, la réalité sociale ?
  • Comment perçoivent-ils d’autres causes similaires ?

Selon une récente étude explorant les raisons de ne pas donner, la plus importante raison invoquée pour « se défiler » est le sentiment que le don ne peut pas vraiment faire une différence. Faire ou ne pas faire un don, c’est pareil. Voilà justement un sentiment que je ne ressens pas envers L’Itinéraire où j’ai vraiment l’impression que même en n’achetant qu’une revue au coin de la rue je fais une différence, imaginez un don mensuel!

Voici les autres faits saillants de l’étude :

  • Outre l’impression de ne pas faire une différence, la manque d’argent vient rapidement justifier l’absence de don. Mais 83% des répondants souhaitent faire des dons.
  • Comme 34% des non-donateurs font du bénévolat, la volonté de contribuer semble évidente.
  • 61% des non-donateurs se sentent sur-sollicités.
  • 58% croient que leur don ne servirait qu’à financer des dépenses administratives.
  • Près de 40% croient que c’est au gouvernement de financer les OSBL avec l’argent des taxes.
  • En plus de ne pas ressentir pouvoir faire une différence avec leur don personnel, beaucoup de non-donateurs ne croient pas que l’OSBL lui-même fait une différence.

On retient de ça que convaincre chaque donateur potentiel de l’importance de son don est crucial. De même que la démonstration de l’action sociale réalisés grâce à ses dons. Le fardeau de la preuve est plus présent que jamais.

Et pour terminer, voici une publicité que je trouve très efficace. On y voie un sans-abri plus âgé qui nous dit d’aider les jeunes dans la rue. Il ne nous demande rien pour lui-même, il nous encourage à faire une différence pour les autres. Très efficace. selon moi, ce genre de message est émouvant et présente positivement le « barbu au coin de la rue ». Donc, c’est possible.

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