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Posts Tagged ‘OBNL’

Considérons ces deux réalités québécoises bien simples et difficiles à contredire :

  1. Les besoins en santé, éducation, lutte contre la pauvreté et dans bien d’autres secteurs de notre société sont grandissants;
  2. L’état n’augmentera sa participation dans les zones de réponse à ces besoins, au contraire la tendance est à la diminution du rôle social étatique.

Dans ce contexte, il faut que l’impact social des dizaines de milliers d’OBNL québécois qui s’impliquent dans tous les secteurs sociaux soit plus grand grâce à une de ces deux solutions :

  1. Une croissance en efficacité;
  2. Une augmentation des moyens rendue possible par un meilleur financement.

La croissance en efficacité devrait toujours être un objectif poursuivi, je prends pour acquis que tout organisme caritatif qui se respecte en fait une priorité. Je pense donc qu’il faut se concentrer sur l’augmentation des revenus…

Mais voilà que Statistiques Canada nous communique une information peu encourageante concernant les habitudes de don au Québec : en termes de dons individuels, les québécois ne deviennent pas plus généreux.

En prenant connaissance de ces statistiques qui sont normalement expliquées par le taux élevé d’imposition au Québec, le faible revenu discrétionnaire des québécois et la quasi absence du don religieux, je me questionne sur la communication récente de Jean-Marc Léger à propos des 7 clés pour comprendre le Québec et les québécois, plus particulièrement sur la clé #1 :

« Les Québécois sont des hédonistes. Ils privilégient les plaisirs de la vie, l’humour et la fête : 76 % considèrent qu’il est plus important d’“avoir du plaisir” que de “faire son devoir”. “La joie de vivre est la valeur numéro un, au cœur de la différence québécoise.” D’où le succès des chanteurs et des humoristes, l’engouement pour les festivals et les grands rassemblements festifs, la popularité de l’équipe de hockey des Canadiens de Montréal, “véritable phénomène de société”, ou encore l’importance accordée aux plaisirs de la table. »

Y aurait-il un lien inversement proportionnel entre l’hédonisme au sein de la population et la notion de « faire son devoir » philanthropique? Possible. Mais comme je croise beaucoup de gens extrêmement généreux et hédonistes, je sais que les 2 sont conciliables.

La philanthropie corporative se redéfinit…

Dans ce contexte de baisse du don individuel, la transformation du don corporatif représente selon moi une belle lueur d’espoir (la seule?). Par transformation du don corporatif j’entends la tendance remarquée des entreprises à mieux définir leurs créneaux d’engagement social et à suivre de près les organismes appuyés pour mesurer leur don en action. Il semble effectivement que de moins en moins de dons corporatifs se font « parce le neveu de tel VP est atteint de telle maladie ».

Cette tendance est remarquée par tous les professionnels de la levée de fonds qui trouvent maintenant des politiques de don très claire sur les sites Web corporatifs. La clarté est un avantage évident pour l’efficacité des processus de financement et je pense qu’elle permet le développement de partenariats plus solides dans la mesure où l’engagement de l’entreprise peut se faire à long terme et même impliquer le personnel de l’entreprise dans le partage d’expertises de haut niveau.

Bref, si le québécois moyen n’a pas tendance à augmenter ses dons de charité, il faut espérer que les entreprises vont combler les besoins en raffinant leur philanthropie et en considérant leur don comme un investissement social qui doit donner des résultats tangibles. À la limite, même si le don corporatif n’augmentait pas globalement, il serait toujours possible de donner mieux pour un impact accru. À suivre!

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Vivianne Venisse m’a écrit pour me demander de publier cette offre qui pourrait être utile à certains OBNL. Alors voilà!

« Le web est devenu un incontournable de nos jours. Il permet aux OSBL de faire connaître leurs services, de recueillir des dons et de se présenter à la population en général. La plupart des organismes possèdent déjà leur site mais en créer un nouveau est coûteux ainsi que d’en refaire un ancien pour le mettre au goût du jour.

Voici une solution attrayante! Étudiante en Design Web au collège CDI de Québec, je vous propose de faire ou refaire votre site tout à fait gratuitement. Je suis supervisée par mon professeur et suis en mesure de créer des sites professionnels et actuels. Visitez mon propre site au http://www.vevolution.net et écrivez moi à vvenisse@gmail.com. J’ai hâte de pouvoir vous aider, cela me donnera de l’expérience et me permettra de faire ma part dans la communauté. »
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Les OBNL livrent le même combat que les entreprises privées dans leurs efforts pour capter l’attention des donateurs/consommateurs. Afin de gagner cette attention si précieuse et la maintenir pour éventuellement la convertir en un geste d’engagement (un don ou un achat), il faut de belles histoires ainsi que des moyens de diffusion efficaces.

Sur le plan du storytelling (marketing par le contenu), les OBNL ont à tout le moins l’avantage d’avoir des histoires qui se créent chaque jour alors qu’ils réalisent une mission sociale forte en émotions. Les acteurs engagés, les ambassadeurs ainsi que les bénévoles, ou encore mieux les bénéficiaires représentent autant de bons porte-paroles crédibles.

Mais au niveau des moyens de diffusion, c’est plutôt l’inverse qui se produit car les OBNL n’ont pas de budget (ou très peu) en plus d’accuser un retard important dans la création des actifs cruciaux pour la propulsion de contenu : communauté dans les réseaux sociaux, base de données de courriels, événements, etc… Quand Nike décide de propulser des histoires inspirantes, la question de leurs moyens de diffusion ne doit pas être une grande source d’inquiétude.

On peut donc se retrouver avec de belles histoires peu diffusées … et l’inverse.

En prenant l’exemple de deux récentes campagnes vidéo, je vous invite à commenter ci-dessous pour m’aider à comprendre la si grande « popularité » de l’une et la diffusion limitée de l’autre.

Commençons par celle qui m’a le plus touché que ma collègue Caroline a partagé. Il s’agit d’une récente vidéo de Leucan où on voit l’impact causé par l’absence de Nathan auprès de ses amis et sa famille. En moins de 3 minutes, on ressent des émotions très fortes allant de la tristesse, voire même la colère face à la maladie, jusqu’à l’espoir. C’est selon moi une excellente vidéo qui ne peut laisser indifférent … vue par seulement 6 000 personnes!

 

La vidéo de sensibilisation pour la prévention du cancer testiculaire m’a quant à elle bien fait rigoler. Comme tout le monde, je l’ai trouvée audacieuse, drôle et me semble-t-il efficace pour sensibiliser la population masculine à porter plus d’attention à ce risque médical. Je n’ai pas suivi de près cette campagne, mais je suis convaincu que sa stratégie virale bien réfléchie, tout comme son plan média. Voilà une vidéo qu’on veut partager dans ses réseaux sociaux! Y avait-il des porte-paroles? Toujours est-il que des centaines de milliers de personnes l’ont vu.

Il y a sûrement des leçons à tirer de ces deux campagnes. Et plusieurs questions à répondre. À quel point faut-il surprendre et se montrer audacieux de nos jours pour « percer » l’embouteillage des messages? Est-ce que ça vaut la peine de produire du contenu émouvant si les moyens de diffusion ne sont pas encore tous prêts? Est-ce que les émotions de tristesse, d’empathie, et d’espoir sont porteuses et incitent au partage?

La recette des OBNL en production de contenu pour capter l’attention doit sûrement toujours se ré-inventer en n’oubliant jamais que la personne ciblée est également un consommateur habitué à des messages percutants, habilement construits.

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valeur economiqueJ’ai appris récemment qu’une analyse menée en 2005 a évalué la valeur économique des chauves-souris américaines à 2,9 milliards de dollars par an! Pas mal, non ?

Ce montant a été calculé en considérant les pesticides qui auraient été utilisés pour détruire les insectes dévorés par les chauves-souris. Même si je n’affectionne pas particulièrement les chauves-souris, je dois avouer que ce chiffre monétaire annualisé me fait réfléchir et me transforme presqu’en protecteur des rongeurs volants. Car grâce à cette information factuelle, je peux mesurer la conséquence d’une disparition des chauves-souris.

Peut-on faire le même exercice avec les OBNL québécois, globalement ou selon les différents secteurs d’intervention ? Je ne crois pas, mais j’aimerais bien me tromper parce que ça changerait beaucoup la dynamique de la demande de don. Un peu comme si on passait d’une demande de charité à une proposition concrète de projet social à grande valeur économique.

Prenons l’exemple des organismes caritatifs offrant des soins palliatifs. Voilà un domaine pour lequel il serait intéressant de mesurer la valeur économique totale (si ce n’est pas déjà fait). Imaginons que les OBNL québécois offrant des soins palliatifs disparaissent demain, on sait intuitivement qu’il y aurait un coût énorme pour que l’état québécois prenne le relais. Cette disparition aurait effectivement un aspect très concret et tangible, sans compter la qualité des soins qui diminuerait probablement. Et comme ces soins devraient maintenant être financés entièrement à partir de nos impôts, la valeur économique de ce secteur caritatif serait encore mieux comprise par le grand public.

La même chose est probablement vraie pour d’autres secteurs de « l’industrie » philanthropique qui ont tous besoin de cette évaluation économique afin de modifier la perception de la population qui parfois (trop souvent) ne voit pas du tout l’intérêt de d’investir du temps ou de donner de l’argent pour que l’organisme XYZ puisse réaliser sa mission sociale.

Ça ne fait que 5 ans que je travaille dans le milieu philanthropique, c’est donc avec une dose d’humilité que j’affirmerai que le calcul de la valeur économique des OBNL québécois devrait être une priorité pour tous les organismes de façon indépendante ou en tant que « secteur d’intervention ». Le calcul de cette valeur économique n’est pas simple, j’en conviens. Il y a beaucoup de variables à considérer, un modèle d’évaluation complexe à construire. Mais malgré ces défis, il faut trouver une solution.

Pourquoi ? Parce que la charité des donateurs cède rapidement la place à une notion d’investissement dans une cause. Et un investissement vient avec une attente de rendement, le besoin de se faire rendre des comptes et de voir la démonstration que la décision de donner à cette cause plutôt à une autre a été la bonne.

Ceci ne veut pas dire que la communication des OBNL devrait se faire uniquement au niveau de l’argent et de l’utilisation efficace des fonds. Je crois au contraire qu’il faudra créer toujours plus de contenu multimédia à partager avec la communauté des sympathisants qui appuie une cause pour l’entretenir d’histoires riches en émotions. Toutefois, je crains que les belles histoires ne suffiront pas à elles seules à rendre les québécois plus généreux … il va falloir en plus une démonstration économique.

Alors, si vous connaissez des études sur la valeur économique des OBNL, je vous invite à les partager en commentaires ci-dessous. Dans le cas où vous êtes impliqués dans un projet qui touche à ce qui est discuté dans cet article, je serais curieux d’en savoir davantage. Et si jamais vous connaissez un analyste économique qui se cherche un défi stimulant, glissez-lui en un mot … on sait jamais!

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